Verdon Underground
     

Verdon Underground

Tout paysage est le miroir de nous-mêmes. Nous le percevons de façons très diverses : selon le point de vue, l’échelle, le moment. Sans même nous en rendre compte, nous y appliquons nos filtres, nos interprétations, nos symbolisations et nos sensibilités. Il devient alors l’extra-ordinaire qui s’interpose entre la réalité et notre perception de cette réalité. Loin des traditionnelles représentations « carte postale » du Verdon, cette série questionne la dimension subjective de notre relation au paysage. Entre réalité qui existe en dehors de nous et représentation mentale esthétisée par nos regards, le paysage n’existe qu’à travers le récit que l’on fait de lui.

"Il existe un Verdon calme. Celui du grand canyon sous le soleil de Provence. Celui des verticales d'étés aux couleurs de calcaire, de forets d'émeraudes, de vires emplies de vide et de balcons sublimes, forcément sublimes. Un Verdon comme un torrent rare, entrouvrant des millions des mètres cubes de vide et de beauté au cœur des plateaux de Haute Provence. Il existe aussi un Verdon en furie : celui des orages et des tempêtes soudaines. Ces images lui doivent tout. Il ne leur manque qu'une dimension inouïe : celle du son, surhumain, du tonnerre courant dans ses entrailles. Une vague immensément grave, courant en quelques secondes sur des kilomètres et des kilomètres d'espace. Un "plein" submergeant le "vide" du canyon. Une avalanche d'échos avalant absolument tout l'espace, avant de s'effacer soudainement pour ne plus laisser que le silence si fragile de la pluie... Volutes de brume. Éclairs et lumières. L'orage, comme un spectacle terrifiant de beauté et de force du Verdon." Texte : Jean Marc Porte