Tout ce qui nous meut

C’est une histoire de mouvement(s), comme souffle de vie. Qu’il soit géographique, ludique ou adressé à l’autre, qu’il soit troublé ou infléchissant nos routes, le mouvement est notre quotidien. Celui des hommes installés et de tous ceux en partance. Cette série de photographies prises entre 2007 et 2020 témoigne de ceux qui, aux quatre coins du monde, se meuvent pour (sur)vivre, pour éprouver, pour aimer.

Des prémices du Printemps arabe en Égypte à l’élan d’un baiser en Éthiopie, d’un départ de ferry Marseille-Alger à la reconstruction d’un après séisme au Népal, c’est l’histoire du mouvement inaltérable du monde et de tous ceux qui le traversent.

« Existe-t-il un lien entre un paysan cambodgien descendant la rivière Sesan, une institutrice népalaise dans un village maoïste et les caravanes de sel en Ethiopie. Oui ! C'est le mouvement, l'élan vital qui anime les hommes et les pousse à aller vers l'autre pour tenter de vivre dans une société plus harmonieuse. Sans nul doute, ces sentiments, ces émotions, apparaissent dans chacune des images de cette série (é)mouvante présentée par Céline Ravier. »
Philippe Rochot, Grand reporter

Légendes photos : Céline Ravier & Guillaume Singer

EXPOSITIONS :
Du 9 décembre au 30 décembre 2021 : Atelier 111 à Marseille dans le cadre du Festival Photo Marseille.
Du 5 novembre au 4 décembre 2021 : Chapelle des Pénitents Bleus à La Ciotat en partenariat avec la ville.
Tirages FINE ART réalisés par l'atelier de tirage d'art Le Pictorium
SÉNÉGAL, Dassilame, Delta du Siné Saloum - Octobre 2013 Baptisé « Amazonie du Sénégal », le Delta du Siné Saloum n’est qu’îles fluctuantes, mangroves et sanctuaires maritimes. On y circule en pirogue à travers les méandres des bolongs, ces bras de mer fluctuant au grès des marées océaniques. Lieu de ressources vitales à la population, les bolongs sont aussi chaque soir une source inépuisable d’aventures pour les écoliers du petit village de Dassilame.

« Sortir la tête de l’eau, après une journée d’école. Trois gosses s’amusent. A gauche, un premier gamin bataille pour reprendre son souffle. A droite, un genou se distingue dans une tentative désespérée de roulette aquatique. Et puis, il y a ce visage ruisselant qui rayonne, au centre du monde, comme pour nous dire que le chef de la baignade, c’est bien lui, et lui seul, au prix d’un jaillissement magnétique qui dévore l’image. »
SÉNÉGAL, Dassilame, Delta du Siné Saloum - Octobre 2013

Baptisé « Amazonie du Sénégal », le Delta du Siné Saloum n’est qu’îles fluctuantes, mangroves et sanctuaires maritimes. On y circule en pirogue à travers les méandres des bolongs, ces bras de mer fluctuant au grès des marées océaniques. Lieu de ressources vitales à la population, les bolongs sont aussi chaque soir une source inépuisable d’aventures pour les écoliers du petit village de Dassilame.

« Sortir la tête de l’eau, après une journée d’école. Trois gosses s’amusent. A gauche, un premier gamin bataille pour reprendre son souffle. A droite, un genou se distingue dans une tentative désespérée de roulette aquatique. Et puis, il y a ce visage ruisselant qui rayonne, au centre du monde, comme pour nous dire que le chef de la baignade, c’est bien lui, et lui seul, au prix d’un jaillissement magnétique qui dévore l’image. »

ÉGYPTE, Louxor - 28 janvier 2011 Ce jour-là, le président Hosni Moubarak fait appel à l'armée et décrète le couvre-feu dans plusieurs villes d’Égypte pour faire face au mouvement de contestation anti-régime. Sur la rive gauche du Nil règne une ambiance calme et quasi contemplative. De l’autre côté, les premiers feux des manifestations annoncent les prémices du Printemps arabe.

" Au loin, alors que la fumée s’élève et que la révolte couve, le Nil, qui en a vu d’autres, imperturbable et majestueux, s’écoule paisiblement. Il semble séparer deux mondes, qui ne font pourtant qu'un. La felouque, elle, se faufile, fragile, presque docile pendant que trois jeunes hommes se prélassent aux premières loges, comme indifférents au chaos à venir. »
ÉGYPTE, Louxor - 28 janvier 2011

Ce jour-là, le président Hosni Moubarak fait appel à l'armée et décrète le couvre-feu dans plusieurs villes d’Égypte pour faire face au mouvement de contestation anti-régime. Sur la rive gauche du Nil règne une ambiance calme et quasi contemplative. De l’autre côté, les premiers feux des manifestations annoncent les prémices du Printemps arabe.

" Au loin, alors que la fumée s’élève et que la révolte couve, le Nil, qui en a vu d’autres, imperturbable et majestueux, s’écoule paisiblement. Il semble séparer deux mondes, qui ne font pourtant qu'un. La felouque, elle, se faufile, fragile, presque docile pendant que trois jeunes hommes se prélassent aux premières loges, comme indifférents au chaos à venir. »

ÉTHIOPIE, Dépression du Danakil - Octobre 2011 Depuis la nuit des temps, le peuple Afar extrait les plaques de sel du lac Asale que les caravaniers convoient à dos d’ânes et de dromadaires. Même si le commerce reste important, la construction actuelle de nouvelles routes laisse progressivement la place à la modernisation de la région et à la perte de cette tradition ancestrale.

« Enveloppés d'un nuage de poussière, l’homme et ses bêtes avancent. Chaque pas, lourd et précis, résonne comme une mesure, une cadence, chaque mètre comme un temps de gagné. Le ciel immaculé cajole ses montagnes, qui accouchent des plaines, que sillonne le convoi, dans un mouvement perpétuel, que menace le progrès. »
ÉTHIOPIE, Dépression du Danakil - Octobre 2011

Depuis la nuit des temps, le peuple Afar extrait les plaques de sel du lac Asale que les caravaniers convoient à dos d’ânes et de dromadaires. Même si le commerce reste important, la construction actuelle de nouvelles routes laisse progressivement la place à la modernisation de la région et à la perte de cette tradition ancestrale.

« Enveloppés d'un nuage de poussière, l’homme et ses bêtes avancent. Chaque pas, lourd et précis, résonne comme une mesure, une cadence, chaque mètre comme un temps de gagné. Le ciel immaculé cajole ses montagnes, qui accouchent des plaines, que sillonne le convoi, dans un mouvement perpétuel, que menace le progrès. »

CAMBODGE, Lac Tonle Sap (Novembre 2019) Chaque année quand vient la mousson, le Mékong en crue inverse le cours du lac Tonlé Sap, son affluent. Phénomène d’une rareté absolue dans le monde, les cambodgiens l’appelle « le retournement des eaux ». La vie des villageois, pêcheurs et cultivateurs, est entièrement dessinée par les respirations annuelles de ce lac-fleuve, classé réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1997.

« Le mouvement inversé. La crue du fleuve est si intense qu’elle modifie le cours habituel d’un affluent. Comme si le compte se faisait à rebours, comme si notre cœur battait subitement à l’envers l’espace de quelques semaines avant de retrouver une vie normale. Magie des caprices de la nature qui compense ses excès en modifiant ses propres habitudes. Le retournement des eaux est un miracle chaque année renouvelé. »
CAMBODGE, Lac Tonle Sap (Novembre 2019)

Chaque année quand vient la mousson, le Mékong en crue inverse le cours du lac Tonlé Sap, son affluent. Phénomène d’une rareté absolue dans le monde, les cambodgiens l’appelle « le retournement des eaux ». La vie des villageois, pêcheurs et cultivateurs, est entièrement dessinée par les respirations annuelles de ce lac-fleuve, classé réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1997.

« Le mouvement inversé. La crue du fleuve est si intense qu’elle modifie le cours habituel d’un affluent. Comme si le compte se faisait à rebours, comme si notre cœur battait subitement à l’envers l’espace de quelques semaines avant de retrouver une vie normale. Magie des caprices de la nature qui compense ses excès en modifiant ses propres habitudes. Le retournement des eaux est un miracle chaque année renouvelé. »

FRANCE, chantier naval de La Ciotat (Octobre 2020) C’est sur ce site que s’est déroulée l’une des luttes les plus longues et les plus âpres du mouvement ouvrier. De 1988 à 1999, 105 salariés membres de la CGT occupent le chantier, s’opposant à la décision de la Commission européenne et des gouvernements français qui ont décrété la fin de la construction navale en Méditerranée. Sans faiblir pendant dix ans, les 105 « irréductibles » réussiront à sauver le site. Il est à présent utilisé pour la maintenance des yachts de luxe.


« Une coque, des grues, des câbles, un ouvrier équatorien qui prend sa pause en écoutant de la salsa. Ici, où bat le coeur de la Ciotat, les bateaux font peau neuve en cale sèche. Sur la droite, une hélice, énorme et endormie, attend de se faire bichonner avant de reprendre la mer dans quelques mois. Le temps va lui paraître long. »
FRANCE, chantier naval de La Ciotat (Octobre 2020)

C’est sur ce site que s’est déroulée l’une des luttes les plus longues et les plus âpres du mouvement ouvrier. De 1988 à 1999, 105 salariés membres de la CGT occupent le chantier, s’opposant à la décision de la Commission européenne et des gouvernements français qui ont décrété la fin de la construction navale en Méditerranée. Sans faiblir pendant dix ans, les 105 « irréductibles » réussiront à sauver le site. Il est à présent utilisé pour la maintenance des yachts de luxe.


« Une coque, des grues, des câbles, un ouvrier équatorien qui prend sa pause en écoutant de la salsa. Ici, où bat le coeur de la Ciotat, les bateaux font peau neuve en cale sèche. Sur la droite, une hélice, énorme et endormie, attend de se faire bichonner avant de reprendre la mer dans quelques mois. Le temps va lui paraître long. »

NÉPAL, Laprak, Région du Manaslu (Décembre 2015) Dans la vallée de Ghorka, épicentre du séisme qui a durement touché le pays en avril et mai 2015, les villageois de Laprak travaillent sans relâche à la reconstruction. Malgré les risques de glissement de terrain, de nombreux habitants ont préféré redescendre dans leur village plutôt que de rester au campement de « Laprak haut » où les conditions de vie à 2700m d'altitude sont nettement plus difficiles.

« Le mouvement, toujours. Celui de la terre cette fois, qui bouge, qui tremble. Des vies qui s’écroulent. Dans le creux de la vallée, construire à nouveau sa maison. Main dans la main. Lutter avec la Terre. Pas contre elle. La préserver. S’en protéger. »
NÉPAL, Laprak, Région du Manaslu (Décembre 2015)

Dans la vallée de Ghorka, épicentre du séisme qui a durement touché le pays en avril et mai 2015, les villageois de Laprak travaillent sans relâche à la reconstruction. Malgré les risques de glissement de terrain, de nombreux habitants ont préféré redescendre dans leur village plutôt que de rester au campement de « Laprak haut » où les conditions de vie à 2700m d'altitude sont nettement plus difficiles.

« Le mouvement, toujours. Celui de la terre cette fois, qui bouge, qui tremble. Des vies qui s’écroulent. Dans le creux de la vallée, construire à nouveau sa maison. Main dans la main. Lutter avec la Terre. Pas contre elle. La préserver. S’en protéger. »

SICILE, île de Vulcano (Septembre 2009) Surplombant la mer Tyrrhénienne à 500m d’altitude, Vulcano est avec Stromboli une des îles les plus spectaculaires de l’archipel éolien de par son activité volcanique. Elle est tout à la fois volcan sous haute surveillance – la dernière éruption date de 1890 – et site touristique majeur. Nombreux sont les curieux à arpenter ses flancs dans les odeurs soufrées d’intenses fumerolles…

« Un couple, main dans la main. On pourrait l’imaginer tout juste sorti de l’Enfer, grimpant vers un Éden plus accueillant. Peut-être Orphée ? Peut-être Eurydice ? Au loin, la mer veille dans un calme absolu sur ses deux protégés. Le silence est en soi un mouvement. Cette fois, personne ne se retournera… »
SICILE, île de Vulcano (Septembre 2009)

Surplombant la mer Tyrrhénienne à 500m d’altitude, Vulcano est avec Stromboli une des îles les plus spectaculaires de l’archipel éolien de par son activité volcanique. Elle est tout à la fois volcan sous haute surveillance – la dernière éruption date de 1890 – et site touristique majeur. Nombreux sont les curieux à arpenter ses flancs dans les odeurs soufrées d’intenses fumerolles…

« Un couple, main dans la main. On pourrait l’imaginer tout juste sorti de l’Enfer, grimpant vers un Éden plus accueillant. Peut-être Orphée ? Peut-être Eurydice ? Au loin, la mer veille dans un calme absolu sur ses deux protégés. Le silence est en soi un mouvement. Cette fois, personne ne se retournera… »

MADAGASCAR, Baie du Courrier (Septembre 2014) Ici au nord de Madagascar, comme partout sur les 4000 km de littoral, les plages de la Grande île sont le terrain de jeu privilégié des enfants malgaches. Malgré d'abondantes ressources naturelles, le pays connaît l'un des taux de pauvreté les plus élevés au monde. Selon une enquête récente de l’Unicef, la pauvreté multidimensionnelle touche deux enfants sur trois.

« Instant de grâce. Un enfant joue et virevolte.  Son corps d’adolescent semble se libérer de l’attraction terrestre tout en dessinant une figure qui rappelle celle des aiguilles d’une montre. Ici, le temps et le mouvement sont suspendus. Comme un formidable pied de nez à l’ordre des choses … »
MADAGASCAR, Baie du Courrier (Septembre 2014)

Ici au nord de Madagascar, comme partout sur les 4000 km de littoral, les plages de la Grande île sont le terrain de jeu privilégié des enfants malgaches. Malgré d'abondantes ressources naturelles, le pays connaît l'un des taux de pauvreté les plus élevés au monde. Selon une enquête récente de l’Unicef, la pauvreté multidimensionnelle touche deux enfants sur trois.

« Instant de grâce. Un enfant joue et virevolte. Son corps d’adolescent semble se libérer de l’attraction terrestre tout en dessinant une figure qui rappelle celle des aiguilles d’une montre. Ici, le temps et le mouvement sont suspendus. Comme un formidable pied de nez à l’ordre des choses … »

FRANCE, Marseille, depuis la digue du large (Août 2013) Surnommée « 49è wilaya » pour sa proximité et sa ressemblance avec l’Algérie, la Cité Phocéenne compte une des communautés algériennes les plus importantes de France. Des liens millénaires et cent trente-deux ans de colonisation ont ancré le mouvement pendulaire entre ces deux principaux ports de Méditerranée. 

« Marseille et Alger, Alger et Marseille, deux villes si proches et si lointaines, réunies par l’histoire. Deux histoires parallèles qui s’entrelacent dans une cascade de pleurs et de joies. Là encore c’est l’eau, la Méditerranée, cette « mer au milieu des terres », qui les relie le temps d’une traversée. »
FRANCE, Marseille, depuis la digue du large (Août 2013)

Surnommée « 49è wilaya » pour sa proximité et sa ressemblance avec l’Algérie, la Cité Phocéenne compte une des communautés algériennes les plus importantes de France. Des liens millénaires et cent trente-deux ans de colonisation ont ancré le mouvement pendulaire entre ces deux principaux ports de Méditerranée.

« Marseille et Alger, Alger et Marseille, deux villes si proches et si lointaines, réunies par l’histoire. Deux histoires parallèles qui s’entrelacent dans une cascade de pleurs et de joies. Là encore c’est l’eau, la Méditerranée, cette « mer au milieu des terres », qui les relie le temps d’une traversée. »

ALGÉRIE, Tassili N'ajjer, Sahara (Mai 2017) Cette année là, la totalité de la zone frontalière avec la Libye est classée en zone rouge, en raison d’un risque terroriste élevé. Les recommandations du Quai d’Orsay sont claires : le grand sud algérien demeure formellement déconseillé aux voyageurs. Pourtant les visas touristiques s’obtiennent sans difficulté. 

« Une ligne de crête s’élève en plein désert comme une vague au milieu de l’océan. Des pas, des marques, des traces. Un homme, en équilibre et en mouvement, seul au milieu de sables émouvants, capture la majesté du moment."
ALGÉRIE, Tassili N'ajjer, Sahara (Mai 2017)

Cette année là, la totalité de la zone frontalière avec la Libye est classée en zone rouge, en raison d’un risque terroriste élevé. Les recommandations du Quai d’Orsay sont claires : le grand sud algérien demeure formellement déconseillé aux voyageurs. Pourtant les visas touristiques s’obtiennent sans difficulté.

« Une ligne de crête s’élève en plein désert comme une vague au milieu de l’océan. Des pas, des marques, des traces. Un homme, en équilibre et en mouvement, seul au milieu de sables émouvants, capture la majesté du moment."

NÉPAL, Thawang, District de Rolpa (Décembre 2013) Les districts de Rolpa et de Rukum à l’ouest du Népal, ont été une zone majeure de conflits armés durant la guerre civile qui a déchiré le pays de 1996 à 2006. Pendant des années, de nombreux villages, comme celui de Thawang, épicentre de la rébellion maoïste, ont été totalement désertés. Aujourd’hui Thawang compte plus de 3000 habitants et son école dispense un enseignement de niveau pré-primaire à secondaire. 

« Une maîtresse, un stylo, un cahier. Une classe. Des visages. La transmission, le savoir. Le mouvement, c’est aussi ça. Stimuler et ouvrir les esprits. Donner des outils. Enseigner. Lire, écrire, compter. Au Népal comme ailleurs, apprendre c’est vivre. »
NÉPAL, Thawang, District de Rolpa (Décembre 2013)

Les districts de Rolpa et de Rukum à l’ouest du Népal, ont été une zone majeure de conflits armés durant la guerre civile qui a déchiré le pays de 1996 à 2006. Pendant des années, de nombreux villages, comme celui de Thawang, épicentre de la rébellion maoïste, ont été totalement désertés. Aujourd’hui Thawang compte plus de 3000 habitants et son école dispense un enseignement de niveau pré-primaire à secondaire.

« Une maîtresse, un stylo, un cahier. Une classe. Des visages. La transmission, le savoir. Le mouvement, c’est aussi ça. Stimuler et ouvrir les esprits. Donner des outils. Enseigner. Lire, écrire, compter. Au Népal comme ailleurs, apprendre c’est vivre. »

BIRMANIE, Gare de Yangon (Octobre 2012) Construit il y a plus de 150 ans, le train circulaire effectue une boucle de 45 km autour de Yangon à une vitesse de 32km/h. Dans les wagons, une foule hétéroclite se côtoie : étudiants, moines bouddhistes, mendiants, touristes et une flopée de vendeurs ambulants. Chaque jour, deux mille d’entre eux transforment les trains de la Circular Railway en un véritable « marché en mouvement ». La lenteur comme catalyseur de vie…

" Un train tourne en rond, roulant presque au pas, dans une lenteur perpétuelle. Un train où l’on s’entasse souvent avec l’espoir d’une journée meilleure.  Sorte de périphérique sur rails, il trace sa route comme une bête de somme sûre de sa force, indifférent à celui qu’il transporte, revenant chaque soir à son point de départ."
BIRMANIE, Gare de Yangon (Octobre 2012)

Construit il y a plus de 150 ans, le train circulaire effectue une boucle de 45 km autour de Yangon à une vitesse de 32km/h. Dans les wagons, une foule hétéroclite se côtoie : étudiants, moines bouddhistes, mendiants, touristes et une flopée de vendeurs ambulants. Chaque jour, deux mille d’entre eux transforment les trains de la Circular Railway en un véritable « marché en mouvement ». La lenteur comme catalyseur de vie…

" Un train tourne en rond, roulant presque au pas, dans une lenteur perpétuelle. Un train où l’on s’entasse souvent avec l’espoir d’une journée meilleure. Sorte de périphérique sur rails, il trace sa route comme une bête de somme sûre de sa force, indifférent à celui qu’il transporte, revenant chaque soir à son point de départ."

INDONÉSIE, Bali, Uluwatu (Septembre 2018) Connu pour son accès encaissé et extrêmement dangereux au pied d’une immense falaise, le spot de surf d’Uluwatu, situé sur la pointe de la péninsule de Bukit est l’un des grands rendez-vous des surfeurs les plus expérimentés de la planète. Parfaitement orienté pour capter les fortes houles de l’océan indien, le site offre des vagues pouvant atteindre jusqu’à 4 mètres. 

« Se laisser porter par la houle. Faire corps avec elle. Attendre la vague. La guetter. La surprendre. Se jouer d’elle autant qu’elle se joue de vous. L’Océan n’est qu’un gigantesque mouvement qu’il est vain de vouloir dominer. Mieux vaut caresser cette peau salée qu’est la surface de l’eau. »
INDONÉSIE, Bali, Uluwatu (Septembre 2018)

Connu pour son accès encaissé et extrêmement dangereux au pied d’une immense falaise, le spot de surf d’Uluwatu, situé sur la pointe de la péninsule de Bukit est l’un des grands rendez-vous des surfeurs les plus expérimentés de la planète. Parfaitement orienté pour capter les fortes houles de l’océan indien, le site offre des vagues pouvant atteindre jusqu’à 4 mètres.

« Se laisser porter par la houle. Faire corps avec elle. Attendre la vague. La guetter. La surprendre. Se jouer d’elle autant qu’elle se joue de vous. L’Océan n’est qu’un gigantesque mouvement qu’il est vain de vouloir dominer. Mieux vaut caresser cette peau salée qu’est la surface de l’eau. »

Suède, Laponie (Février 2012) Grands éleveurs de rennes, mais aussi pêcheurs ou trappeurs, les Samis forment le peuple autochtone qui occupe les territoires du Nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande. Junni, aux commandes de sa puissante motoneige et sa remorque, traverse l’immensité blanche de la taïga avec son chien en direction de ses troupeaux et campements. Ils sont aujourd’hui environ 100.000 comme lui î vivre intégralement en lien avec la nature. 

« L’univers infiniment blanc du grand nord. Un chien dans son « carrosse » à l’arrière, le maître à la manœuvre à l’avant. L’animal prend ses aises. Tranquille. Il bâille. Pour lui, c’est repos aujourd’hui. Il se laissera bercer durant tout le trajet sur les pistes enneigées. Le scooter fera le boulot à sa place. Le progrès - parfois - a du bon. »
Suède, Laponie (Février 2012)

Grands éleveurs de rennes, mais aussi pêcheurs ou trappeurs, les Samis forment le peuple autochtone qui occupe les territoires du Nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande. Junni, aux commandes de sa puissante motoneige et sa remorque, traverse l’immensité blanche de la taïga avec son chien en direction de ses troupeaux et campements. Ils sont aujourd’hui environ 100.000 comme lui î vivre intégralement en lien avec la nature.

« L’univers infiniment blanc du grand nord. Un chien dans son « carrosse » à l’arrière, le maître à la manœuvre à l’avant. L’animal prend ses aises. Tranquille. Il bâille. Pour lui, c’est repos aujourd’hui. Il se laissera bercer durant tout le trajet sur les pistes enneigées. Le scooter fera le boulot à sa place. Le progrès - parfois - a du bon. »

MAROC, Sahara, Dunes de Merzouga (Janvier 2014) Autrefois petit village paisible de nomades sédentarisés aux portes de l’Erg Cherbi, Merzouga s’est rapidement développé en 2002, suite à la construction d’une route goudronnée. Et avec elle, le flot de touristes en quête d’expérience saharienne. Si les nomades berbères ont dû imaginer de nouveaux moyens de subsistance en devenant guides chameliers, reste néanmoins l’immuable beauté des dunes s’étirant à perte de vue jusqu’à la frontière algérienne.

« Du sable à perte de vue. L’infinie fragilité de l’homme qui, seul au milieu du désert, cherche sa route, comme bercé de manière hypnotique par un magma de dunes, dans lesquelles il s’enfonce, sans mot dire ni maudire. L’homme, juste un grain de sable parmi d’autres ? »
MAROC, Sahara, Dunes de Merzouga (Janvier 2014)

Autrefois petit village paisible de nomades sédentarisés aux portes de l’Erg Cherbi, Merzouga s’est rapidement développé en 2002, suite à la construction d’une route goudronnée. Et avec elle, le flot de touristes en quête d’expérience saharienne. Si les nomades berbères ont dû imaginer de nouveaux moyens de subsistance en devenant guides chameliers, reste néanmoins l’immuable beauté des dunes s’étirant à perte de vue jusqu’à la frontière algérienne.

« Du sable à perte de vue. L’infinie fragilité de l’homme qui, seul au milieu du désert, cherche sa route, comme bercé de manière hypnotique par un magma de dunes, dans lesquelles il s’enfonce, sans mot dire ni maudire. L’homme, juste un grain de sable parmi d’autres ? »

BIRMANIE, Yangon, Site de Shwedagon (Octobre 2012) Le peuple birman connaît depuis près de 60 ans une série de dictatures militaires imposant le déni des libertés fondamentales. Le 1er février 2021, l'armée birmane renverse le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, mettant fin à une fragile transition démocratique. Face à ce coup d’état, le mouvement pro démocratie et les manifestations de masse qui suivront seront violemment réprimés par la junte.

« Mise en abîme d’une ogive architecturale qui semble se répéter à l’envi. Assis dans la pénombre, le garçon paraît guetter la lumière. Seul et recroquevillé. Le silence aussi sait faire du bruit. A l’image du mouvement de la foule qui se nourrit le moment venu de la souffrance immobile des âmes solitaires quand celles-ci sont à bout. »
BIRMANIE, Yangon, Site de Shwedagon (Octobre 2012)

Le peuple birman connaît depuis près de 60 ans une série de dictatures militaires imposant le déni des libertés fondamentales. Le 1er février 2021, l'armée birmane renverse le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, mettant fin à une fragile transition démocratique. Face à ce coup d’état, le mouvement pro démocratie et les manifestations de masse qui suivront seront violemment réprimés par la junte.

« Mise en abîme d’une ogive architecturale qui semble se répéter à l’envi. Assis dans la pénombre, le garçon paraît guetter la lumière. Seul et recroquevillé. Le silence aussi sait faire du bruit. A l’image du mouvement de la foule qui se nourrit le moment venu de la souffrance immobile des âmes solitaires quand celles-ci sont à bout. »

ÉTHIOPIE, Annajina (Octobre 2012) Dans la province montagneuse du Balé, terre du peuple Oromo, se tient depuis des siècles le plus important pèlerinage musulman de toute la Corne d’Afrique. Durant 3 jours de fête vastement syncrétique, des dizaines de milliers de croyants convergent vers le mausolée de Sheikh Hussein pour célébrer ce saint, prophète, et père de l’amour. Ici, on ne peut que se laisser porter par le va-et-vient incessant des pèlerins qui d’un regard ou d’une main tendue, vous invitent à communier avec eux.

« Deux visages remplis d’humanité. De quoi parlent ces femmes ? De choses simples, de leurs cheminements de vie. Leurs traits, d’une finesse lumineuse, bien que figés par l’objectif, semblent bouger et exprimer toute la joie qu’elles ont à se retrouver. La prise de vue s’invite dans cet échange de « regards sans regard » où le bonheur coule comme une évidence. »
ÉTHIOPIE, Annajina (Octobre 2012)

Dans la province montagneuse du Balé, terre du peuple Oromo, se tient depuis des siècles le plus important pèlerinage musulman de toute la Corne d’Afrique. Durant 3 jours de fête vastement syncrétique, des dizaines de milliers de croyants convergent vers le mausolée de Sheikh Hussein pour célébrer ce saint, prophète, et père de l’amour. Ici, on ne peut que se laisser porter par le va-et-vient incessant des pèlerins qui d’un regard ou d’une main tendue, vous invitent à communier avec eux.

« Deux visages remplis d’humanité. De quoi parlent ces femmes ? De choses simples, de leurs cheminements de vie. Leurs traits, d’une finesse lumineuse, bien que figés par l’objectif, semblent bouger et exprimer toute la joie qu’elles ont à se retrouver. La prise de vue s’invite dans cet échange de « regards sans regard » où le bonheur coule comme une évidence. »

Égypte, Gare d'Assouan (Janvier 2011) Le réseau ferroviaire égyptien, hérité des Britanniques, compte plus de 5 000 km de rails essentiellement le long du Nil. Le pays, régulièrement endeuillé par de graves accidents dus à un réseau vétuste et peu surveillé, a entamé depuis 2018 un vaste programme de modernisation de la grande ligne qui relie le Nord et le Sud du pays, d'Alexandrie à Assouan. Ces améliorations visent principalement les 40 % de la population égyptienne aux revenus faibles qui comptent sur les trains comme moyen de transport abordable.

« L´Égypte, Le Nil, le Train. S’affranchir de l’espace. Juste pouvoir se rendre d’un lieu à un autre. Parfois au risque de sa vie tant le réseau ferroviaire produit là-bas son lot d’accidents. Un jeune homme fume, fébrile, retranché derrière une vitre presque brisée comme pourrait l’être une ligne de vie. Qu’attend-il ? Où va-t-il ? Que fuit-il ? Il veut juste bouger. »
Égypte, Gare d'Assouan (Janvier 2011)

Le réseau ferroviaire égyptien, hérité des Britanniques, compte plus de 5 000 km de rails essentiellement le long du Nil. Le pays, régulièrement endeuillé par de graves accidents dus à un réseau vétuste et peu surveillé, a entamé depuis 2018 un vaste programme de modernisation de la grande ligne qui relie le Nord et le Sud du pays, d'Alexandrie à Assouan. Ces améliorations visent principalement les 40 % de la population égyptienne aux revenus faibles qui comptent sur les trains comme moyen de transport abordable.

« L´Égypte, Le Nil, le Train. S’affranchir de l’espace. Juste pouvoir se rendre d’un lieu à un autre. Parfois au risque de sa vie tant le réseau ferroviaire produit là-bas son lot d’accidents. Un jeune homme fume, fébrile, retranché derrière une vitre presque brisée comme pourrait l’être une ligne de vie. Qu’attend-il ? Où va-t-il ? Que fuit-il ? Il veut juste bouger. »

FRANCE, Chamonix, Aiguille du Midi (Septembre 2010) Cette arête vertigineuse est une route populaire et fréquentée du massif du Mont Blanc. Empruntée chaque année par des milliers d'alpinistes comme point de départ pour de nombreux sommets entourant la Vallée Blanche, elle est facilement accessible grâce au téléphérique de l’Aiguille du Midi qui culmine à 3842m. De là, s’ouvre une vue majestueuse sur les principaux sommets de plus de 4 000m français, suisses et italiens.

« Avancer, marcher, grimper. S’encorder. Ce moment où l’effort du plus fort ne vaut rien sans l’engagement du plus faible. La cordée n’est qu’un seul et même corps. Sur la cime d’une crête qui crépite au milieu des sommets, comme sur le flanc d’une paroi, on marche ensemble, on grimpe ensemble, on part et on revient ensemble. »
FRANCE, Chamonix, Aiguille du Midi (Septembre 2010)

Cette arête vertigineuse est une route populaire et fréquentée du massif du Mont Blanc. Empruntée chaque année par des milliers d'alpinistes comme point de départ pour de nombreux sommets entourant la Vallée Blanche, elle est facilement accessible grâce au téléphérique de l’Aiguille du Midi qui culmine à 3842m. De là, s’ouvre une vue majestueuse sur les principaux sommets de plus de 4 000m français, suisses et italiens.

« Avancer, marcher, grimper. S’encorder. Ce moment où l’effort du plus fort ne vaut rien sans l’engagement du plus faible. La cordée n’est qu’un seul et même corps. Sur la cime d’une crête qui crépite au milieu des sommets, comme sur le flanc d’une paroi, on marche ensemble, on grimpe ensemble, on part et on revient ensemble. »

CAMBODGE, Parc National de Virachey (Novembre 2019) Frontalière avec le Laos, la province du Ratanakiri (« la montagne aux trésors ») demeure une région retirée du Cambodge dont près de la moitié du territoire est constitué d’espaces protégés. De nombreux groupes de populations autochtones non khmers y vivent entre collines, montagnes et forêts denses. Proc fait partie de l’ethnie Kavet. Depuis son radeau de bambou, le paysage défile au rythme lent de la rivière Se San, affluent important du Mékong.

« Les lignes droites tracées par les bambous répondent aux rayons du soleil qui s’invitent comme par enchantement. Pousser, voguer, divaguer, au fil de l’eau et à fleur de peau. Paisible. Humblement humain. Le ciel, la terre et l’eau, eux, s’entrelacent en pleine lumière. Divine beauté, sans dieu ni maître. »
CAMBODGE, Parc National de Virachey (Novembre 2019)

Frontalière avec le Laos, la province du Ratanakiri (« la montagne aux trésors ») demeure une région retirée du Cambodge dont près de la moitié du territoire est constitué d’espaces protégés. De nombreux groupes de populations autochtones non khmers y vivent entre collines, montagnes et forêts denses. Proc fait partie de l’ethnie Kavet. Depuis son radeau de bambou, le paysage défile au rythme lent de la rivière Se San, affluent important du Mékong.

« Les lignes droites tracées par les bambous répondent aux rayons du soleil qui s’invitent comme par enchantement. Pousser, voguer, divaguer, au fil de l’eau et à fleur de peau. Paisible. Humblement humain. Le ciel, la terre et l’eau, eux, s’entrelacent en pleine lumière. Divine beauté, sans dieu ni maître. »